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Les VerrièresSaint-Michel
 
                Les quatre verrières ont été placées en décembre 1955. Il fut demandé à M. Lorin, maître verrier de Chartres, d’apporter son concours.
                A tout Seigneur tout honneur, le vitrail de l’Evangile (côté est) consacré à Saint Michel, titulaire de l’oratoire. Il nous apparaît sous les traits d’un bel ange, auréolé d’or, aux ailes et aux vêtements vert et or, levant son glaive en signe de victoire et écrasant sous ses pieds le démon aux reflets rouges. Dans l’ogive, les léopards de Normandie et dans la pointe le soleil de la divinité.

                Saint Georges, le saint cher aux soldats américains, fait pendant du côté de l’Epitre (côté ouest). Ce n’est pas un ange, mais bien un homme, un chevalier bardé de fer selon la tradition des vieux imagiers français, avec le casque, la cuirasse, les gantelets, perçant de son épée un dragon qu’il tient à sa merci. Dans l’ogive le blason de Mortain, frère de celui d’Evreux et dans la pointe la croix des Scouts dont, chacun le sait, St Georges est le patron. Aucune image ne pouvait mieux évoquer le souvenir des soldats américains tombés près de là. 
Saint-Georges
                Le vitrail qui, à notre avis, a demandé le plus d’effort personnel à l’artiste est celui de Saint Guillaume Firmat, patron des ermites, du même côté que St Michel. C’est une icône chargée d’histoire. Le saint paraît revêtu d’une bure, brune et or, les pieds nus, chaussés de sandales. Il tient sa main droite sur la poitrine en signe d’union à Dieu et, de l’autre, soulève une lourde chaîne brisée, celle des captifs pour la libération desquels il fut tant prié de 1940 à 1945. A sa droite la crosse de son épiscopat légendaire ; à sa gauche “la collégiale de Saint Evroult”, l’église de son tombeau. Dans l’ogive, au dessous de la coquille du pèlerin, les armes du Maine, la province voisine.
 
                “A l’opposite”, comme on disait jadis, dans la direction du grand Mont Saint Michel, voici Saint Christophe, le bon passeur, portant sur son épaule l’Enfant Jésus, entouré d’un nimbe d’or. “Regarde Saint Christophe et va-t’-en rassurer”. Le vieux dicton de nos pères n’est pas oublié. Et c’est avec joie que les pèlerins de la seconde moitié du 20è siècle (et bientôt du XXIè !) retrouveront ici l’image d’un saint qui était vénéré dans l’ancienne chapelle des ermites avant 1777. Dans l’ogive, l’hermine du blason nous rappelle que du rocher voisin on aperçoit au delà de la ligne du Couesnon, les côtes de Bretagne. Dans la pointe, le verrier a logé les outils de l’ouvrier de garage qui évoquent le patronage moderne de Saint Christophe. A l’été de 1956, l’oeuvre s’est achevée par la pose, dans l’oculus, de la verrière reproduisant le blason du Général Eisenhower, en tant que chef suprême de l’armée de la Libération. Armes parlantes : l’épée de feu de la guerre soutenant l’arc-en-ciel biblique de la paix. Le même sujet est traité à la chapelle mémorial de Saint James ; stylisé à l’Arc de Triomphe de l’Etoile en un ex-voto de bronze.